Le Travail Ibadat

Par: Afaf ANIBA-

L’une des conditions majeur de la foi est le travail. La foi doit se matérialiser en acte tangible dans le quotidien du croyant. Pour les observateur de la Sunna le travail ou l’action parachève la foi. Comme l’être humain est social, l’un des liens les plus solides qui lui permet de s’intégrer au tissu social est le travail et le travail est le moyen de subsistance de l’individu.

L’Islam a définit l’activité humaine en décrétant que le travail est une forme de Ibadat. Travailler est avant tout un acte de foi sincère. Le travail de l’individu et de la collectivité est la contribution à l’effort civilisateur. Aucune forme de progrès ou de prospérité ne peut avoir lieu sans la somme réunis des efforts intellectuelles et physiques d’une société humaine. L’une des nombreuses problématiques du monde Arabo-musulman est de pouvoir créer une relation harmonieuse entre la pensée et l’action. L’Islam a très tôt souligné la valeur de l’intention humaine. Tout œuvre commence par être une intention au départ, par la suite  l’idée se matérialise dans la réalité et cela grâce à l’effort intellectuel et musculaire. Cependant il demeure que dans notre monde le travail manque de vision, de portée et de fond ! Comment cela ? Nous avons tendance à oublier ou à ignorer l’aspect spirituel et la dimension pratique du travail. Nous ne voyons que le côté pécuniaire de l’acte. L’utilité du travail, ses retombées économiques et sociaux sont occultés par le souci de joindre les deux bouts. Subvenir à ses besoins est naturel. Pourtant le travail ne se résume pas à cela seulement, celui qui travaille accomplit un devoir qui bénéficiera à toute la société. Un devoir accomplit équivaut à un droit obtenu, en tant que citoyen nous avons des droits inaltérables et le travail de tous consacre les droits pour tous. En sommes-nous conscient ? Tout ce que je peux affirmer est que la notion du rendement du travail est loin d’être acquise dans notre société Algérienne. Le Prophète Mohamed que le salut de Allah soit sur lui a sommé tout musulman de bien faire et de parfaire tout ce qu’il entreprend de réaliser. Mais cette recommandation du Saint Prophète est magistralement négligé par l’ensemble des musulmans ! Bien au contraire dans notre pays celui qui tente de travailler sérieusement est en but à milles et une difficultés. Il se heurte à l’incompréhension de son entourage, qui tourne en dérision son zèle ! Pourquoi Mon Dieu nos citoyens ont une si piètre idée de la valeur du travail ? Est-ce la faute au système ? Quelqu’un quelque part doit endosser la responsabilité de la dépréciation de l’effort humain. Mais voilà il est pratiquement impossible de définir les responsabilités, il y’a une anecdote des années du socialisme que j’aimerais énoncer à dessein : au temps du président Boumedienne celui-ci avec ministre et responsable est parti inaugurer un village socialiste. En s’adressant aux paysans heureux de trouver logis et école pour leur enfant, le président leur demande s’ils ont des réclamations à faire, imaginez ce qu’un des paysans répond au premier responsable du pays :- Nous vous remercions Monsieur le Président, nous avons tout ce que nous désirons, quoi vouloir de plus ? Nous sommes logés nourris et nous avons une paye à la fin du mois, que Allah soit loué. Du temps du colonialisme Français nous étions obligés par les colons d’aller travailler dans les champs dés 5 h du matin et aujourd’hui Dieu merci, nous allons à nos champs à 11 h du matin !

Il l’a dit avec un salaire garanti, pourquoi le fellah Algérien s’échinera t-il sur son lopin de terre ? C’est cela l’ère de la révolution agraire !  Nous avons appris à nos jeunes la fainéantise. Résultat en l’an 1429 de l’Hégire nous avons sur les bras des maux divers. La drogue, la délinquance juvénile, le taux des laissers pour compte de l’école Algérienne est en hausse année après année et un pourcentage effarent de chômage. L’embauche dans notre pays repose essentiellement sur les programmes de développement du gouvernement, une grave lacune que le secteur privé n’arrive toujours pas à rattraper.

Comment un pays comme le nôtre connaîtra t-il un essor économique avec une telle dévalorisation du travail ?  Notre religion a donné une belle image du travail en mettant en relief le personnage du saint Prophète Mohamed Bssl. Celui-ci très tôt a dû compter sur son labeur pour survivre et c’est son dévouement et son extrême honnêteté qui lui valurent la confiance  de la dame Khadija bint Khoweiled que le contentement de Allah soit sur elle. Au lieu de demander l’aumône le prophète Mohamed Bssl encourageait les personnes pauvres à travailler même avec des moyens très modestes, car peu importe le statut du travail, ce qui a vraiment de la valeur c’est le fruit de l’effort humain. Et vivre à la sueur de son front est la plus belle récompense pour le croyant. Nous avons à fructifier nos aptitudes et seul le travail peut nous permettre de nous découvrir. La civilisation est l’accumulation à travers des millénaires d’une somme d’œuvre et c’est cet effort perpétuel qui détermine la probité de notre foi. Ce n’est qu’avec une nouvelle vision que nous pourrons motiver la nouvelle génération. Dans un pays de l’Europe de l’est, en pleine campagne électoral un petit parti colla des affiches qui portait ce slogan «  Travaille pour toi-même, tu serviras toute la société. » Eh oui nous n’avons qu’a rappeler à nos jeunes cet autre fait , dans le travail il n’y a pas de caste, tout travail est utile pour tout le monde.

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