L’enseignement authentique

Par: Afaf ANIBA-

Il a fallut trois décennies et demi pour prendre la décision de reformer l’enseignement Algérien, au lendemain de l’indépendance, personne n’a pris la peine de considérer l’expérience inauguré par l’association des Oulémas Algérien comme l’a observée judicieusement une dame respectable, personne n’a examiner de près la possibilité de reprendre en grand l’expérience déjà performante au temps de la colonisation pour l’instituer à un niveau national et lui donner les moyens de la réussite.

Il y’a eu le ministère de l’enseignement authentique auquel on ne lui accorda qu’un délai court pour donner ses preuves et jusqu'à présent on ignore toujours les raisons qui ont amenés à fermer ses portes, le pari du progrès commence par l’enseignement et la nouvelle réforme en Algérie souffre de plusieurs lacunes et de sérieux handicaps, le plus grave est l’incapacité du corps enseignant à rattraper le retard perdu et le nouveau rythme imposé par une méthodologie qui a tout ou presque bouleversé. Nous avons à redéfinir le rôle du professeur et la valeur du savoir inculqué tout en soulignant l’importance vitale des valeurs, toute génération a besoin de s’adosser à des références, à travailler à partir d’une identité religieuse. Est-ce que la réforme présente a donné un cadre défini en ce sens ? Oui et non, oui parce que l’éducation religieuse et des notions de l’histoire de l’Islam et de la nation Algérienne sont éparpillés ici et là, non parce que dans l’imaginaire de l’élève et de l’étudiant les composantes de son identité demeure vague, demander le savoir en Islam est une quête perpétuel de la science et un acte d’adoration envers l’Unique l’Eternel. Il est significatif de voir que nos élèves n’ont pas de notions morales et ne se rapportent pas à un code moral stricte, le jeune Algérien à l’école, le collège ou le lycée, et l’université, consacre peu ou pas du tout du temps au sport et au travail bénévole dans des associations de jeunes ou de bienfaisance, l’institution éducative ne forme pas une génération apte à affronter les différents problèmes qui se posent à l’élève, j’ai toujours en mémoire cette élève qui arrivait au lycée le corps meurtri par des bleus et pour cause son père était alcoolique , l’autre recevait des coups qui lui faisait perdre des dents, frappé par des frères qui ne reconnaissait pas l’autorité paternel, l’enfant est confronté aux problèmes sociaux désarmé. Un autre phénomène qui se pose de nos jours est l’accès à l’enseignement, dans l’Algérie de 1428 de l’hégire, tous les enfants ne naissent pas égaux, il y’a des enfants qui à l’âge de sept ans doivent gagner leur vie, les parents sont incapables d’assurer les frais de scolarisation de leurs progéniture, programme étatique pour les familles défavorisés ou non, rien n’y fait nous avons des pans entiers de la société privés du droit à l’instruction, autre paradoxe, le licencié en droit ne sait pas écrire le pronom personnel « tu » en Arabe correctement !!

Nous avons à faire une approche de ce que devrait être une issue juste, apte à aller de l’avant. Un enseignement au service des capacités et des aptitudes de l’enfant, un enseignement aux objectifs authentiques, l’Algérie a besoin de générations réconciliés avec eux même, leur nation et en harmonie avec leur constance religieuse. C’est à partir de là que nous pouvons développer une pédagogie de performance, nous ne pouvons rien entreprendre tant que nous n’avons pas tranché sur les assises de cet enseignement, nous avons à méditer sur la référence identitaire et religieuse de toute plate-forme, si nous nous venons à admettre le caractère multi ethnique de l’Algérie et l’Islam en tant que vecteur de stabilité d’union et de progrès, nous aurons fait un grand pas en avant, nous aurons prémunis nos enfants des effets négatifs d’une mondialisation Américaine qui a tendance à uniformiser, à générer un model de vie imposé par des multinationales, et un clan de riche puissant. Nous ne pouvons asseoir une politique de motivation pour nos jeunes cerveaux loin d’une identité religieuse porteuse de richesse, de valeurs, de promesse et d’un esprit de perfectionnement.

Est-ce que la réforme de l’enseignement nous a apporté de tels critères essentiels ? Nous ne pouvons l’affirmer, l’élève Algérien manque toujours de confiance en lui-même et ne connaît pas encore le nord du sud.

Dépourvu d’une culture islamique, il n’a pas non plus une culture générale, et est incapable de maîtriser deux langues l’Arabe et le Français, cette dernière langue a été cette année reculée à la troisième année de l’école primaire et pour cause l’enfant n’arrive pas à parler une des deux langues correctement !

Quant à l’apport scientifique de la réforme, il n’est toujours pas palpable, bien sûr il y’a une amélioration notable mais cela reste en deçà des objectifs promus par la réforme, privés d’infrastructure et de financement indépendant pour les budgets des universités et des instituts de recherche, l’enseignement universitaire n’a pas encore sa réforme, je rapporte cette information précieuse [1] « Les dépenses consacrées à la recherche et développement représentent également 1000 dollars par habitant aux Etats-Unis d’Amérique alors qu’elle ne sauraient dépasser une trentaine de dollars dans les pays d’Afrique du Nord et pourraient être inférieurs à 1 dollar dans les pays du Sahel. »

Toute chose entreprise au niveau de l’enseignement et de l’éducation est un véritable défi et le plus malheureux est que le discours et les objectifs sont souvent détournés au profit de polémique qui ne sert personne. Beaucoup d’acteurs sont écartés de l’élaboration d’un contenu riche, authentique et motivant. Le résultat est que les inspecteurs de l’enseignement sont dépassés par les réclamations, les protestations et les revendications des élèves, du corps enseignant, des parents, de l’administration scolaire et des autres partenaires de l’enseignement. Quand un professeur doit oser à son corps défendant s’adapter à la nouvelle réforme, il se heurte à milles et un obstacle et n’a pratiquement aucun recours.

Comment pouvoir dans ces conditions enseigner à une génération l’amour du pays et du savoir ? Comment faire front à la concurrence déloyale d’un enseignement privé au contenu pas toujours contrôlé et aux objectifs loin d’être innocent ?

Former une génération pour l’envoyer travailler à l’étranger est un gâchis au vrai sens du terme, surtout dans l’absence totale d’une coordination entre le marché du travail et l’univers de l’enseignement et de la recherche en Algérie. Nous avons à relever des défis mais le principal est de pouvoir garantir à tous l’accès à un enseignement authentique riche en valeur et en opportunité.


(1) Ethique, gouvernance et nouveau contexte international du dr Sid Ali Boukrami tiré de la revue « Les études Islamiques » n°9 Juin 2006.

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