Alqodss entre portée historique et dimension religieuse

Par: Afaf ANIBA-

« Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur (Muhammad), de la Mosquée Al-Haram à la Mosquée Al-Aqsa dont Nous avons béni l’alentour, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles. » (1-17)

Alqodss est une ville symbole, une ville de paix, ville des Prophètes et des trois religions monothéistes.

Tous quelque soit notre religion, nos croyances, nos convictions, nous vénérons cette ville de l’Histoire transcendante de la foi unitaire.

En ces moments penibles que nous vivons et alors que l’ennemi sioniste est en train de s’attaquer aux fondations du Masjid Alaqssâa, nous avons comme devoir d’évoquer Alqodss et pour cause elle est le cœur palpitant de la foi sur terre. Alqodss vit dans l’esprit de tout croyant comme un haut lieu de sainteté, après la Mecque c’est la seconde destination du pèlerinage, sous ses murs et ses oliviers prophètes et batailles se sont déroulés, notre mémoire se la garde comme une partie vive de notre foi, cette ville a donné vie à tant de promesse et à tant d’espèrance, tant de Prophètes ont été détachés à son service, et tant d’espoir reposent sur elle, captive Alqodss vit les jours de sa captivité avec bravoure et une foi inébranlable dans son devenir.

1) Comment situer géographiquement Alqodss 1?

La ville sainte s’étend entre deux chaînes montagneuses, celle de Nabless au nord et les montagnes Alkhalil au sud, entre la latitude 31-52 nord et la longitude 35-13 est, c’est-à-dire à l’est de la Méditerranéen de 52 km, et loin de la mer Morte de 22 km. Alqodss s’élève de la surface de la mer de 750 m et de 1150 m de la mer Morte, l’étendue de ses terres s’élève à 20790 dounem et on estime en 1996 le nombre de ses habitants à 254387 h.

2) Comment situer historiquement Alqodss :

La ville sainte a été contruite et reconstruite 18 fois, et a pour âge approximatif 45 siècles. Le premier noyau de la ville est apparu sur les collines de Elthouhour surplombant la petite ville de Salwan, au sud est de la Mosquée del Aqssâa, et a porté un nombre varié de nom, on la nommait Yabouss, Orchélim, Kaptoulina, Ilya, Beit Almaqdess, et Alqodss.

Et le nom de Yabouss dérive du nom Yaboussiyin originaire de tribus Arabe venus de la presque île Arabe depuis plus de 4500 ans.

Cette ville sainte a connut plusieurs régnes et se sont succédés l’un après l’autre, les Yaboussiyin et les Canéens, puis vint le royaume du prophète et roi Daoud en l’an 1049 avant J-C qui se prolongea durant la prophètie de son fils le Prophète Soleiman, et en l’an 586 avant J-C Alqodss passa sous l’autorité Perse, détruite par Naboukhath Nasr, ses habitants Juifs déportés, la ville resta sous occupation Perse jusqu'à l’arrivée de Alexandre

le Macédonien en 332 avant J-C, après la mort d’Alexandre le Macédonien la ville connut une instabilité entre les deux dynasties Baltimous et Sloukiyin ( Ptolémée et Séleucide) mais en l’an 63 avant J-C les Romains ont réussis a occuper Alqodss à la tête de leur général Pompée, en l’an 135 après J-C l’empereur Romain Hadrien rasa Alqodss et construisit à sa place une colonie Romaine au nom de Ilya Kaptoulina, en 330-636 après J-C quand la ville passa entre les mains de l’empereur Bysanthin Constantin qui s’était christianisé, sa mère l’impératrice Héléna bâtit l’église de la Résurrection en l’an 336 après J-C.

En 613 après J-C les Perses se saississent une seconde fois de la ville, et une fois de plus elle fut en proie à la destruction, Alqodss demeura sous l’emprise Perse jusqu'à ce que vint le tour d’Hercule de se l’approprier en l’an 627 après Jésus-Christ, et elle resta une posession Bysanthine jusqu'à Alfeth Islamique, après la bataille décisive du Yarmouk, l’honneur échut au Caliphe Omar d’étendre l’étendard de l’Islam sur Alqodss par un traité signé un vendredi de l’an 15 de l’Hégire, 636 après J-C, et cela au bout d’un siège qui dura longtemps, durant

le régne Musulman, s’ensuivirent plusieurs royaumes, Alamawiyin, Alabassiyin, Altoulouniyin, Alakhadichiyoun, Alfatimiyoun, et Alssalajika, mais en l’an 492/1099 Alqodss tomba dans les mains des croisés, ceux-ci mirent à sac la ville, tuant et pillant sans merci. Ce fut Salah Eddin Alayoubi qui libéra la ville sainte, en infligeant aux croisés une défaite cuisante à la bataille de Alhattin en 583 de l’hégire, 1187 après J-C. Le pouvoir Musulman continua à travers les Ayoubiyin, Almamalik et enfin Alothmaniyin.

A l’ére moderne les forces Brittaniques du général Allenby de nouveau prirent posession de Alqodss en 09/02/1924, ces derniers la livrérent aux organisations Sionistes armées qui s’emparérent de la partie ouest de Alqodss en 28/04/1948 et en 1967 finirent par annexer par la force la partie est.

Le Knesset Israélien a voté le statut éternel de Alqods en tant que capitale du soi disant Israël

en 30/07/1980.

Cette annexion inadmissible a entrainé la destruction du quartier des Maghrébins, expropriation de terre pour y bâtir des colonies, la destruction des maisons Arabes et exercer des pressions de toute sorte sur les habitants d’origine pour les pousser au départ et à l’exil. L’un des plus graves attentats contre la Mosquée Alqsâa fut celle mené par Michael Rohan2 qui commit l’impardonnable crime d’incendier le lieu de prière, résultat le 1/3 de l’étendue de la mosquée fut brûlé, la destruction du minbar de Salah Eddine Alayoubi, la mosquée de Omar situé dans l’angle sud-est de l’emplacement, le mihrab de Zakariya attenant à la Mosquée Omar, Makam Alarbaen, trois couloirs du sud au nord, colonne, arc et arabesque avec le toit qui est tombé sur le sol du lieu, deux piliers centraux avec l’arc portant la coupole, la coupole en bois avec les formes colorés dessus, le mihrab central de la mosquée, le mur du sud avec tout le marbre intérieur, 48 fenêtre aux vitraux colorés , le tapis Ajami, et la sourate del Isrâa qui commence au-dessus du mihrab.

3) Alqsâa joyau de Alqods :

Almasjid Alaqsâa est la seconde mosquée construite sur la planète terre et a eu pour fondation la colline sur laquelle il est bâtit aujourd’hui, la Mosquée Del Aqsâa a été bâtie deux fois à l’ère Musulmane, la première fois par les soins du Calife Omar que le contentement de Dieu soit sur lui après l’an 15 de l’Hégire correspondant au 636 de l’année Chrétienne, date du Feth de la Palestine et le caliphe Abd Al Malik Ben Marwan qui entreprit de construire la coupole du Rocher en l’an 72 de l’hégire 691 après J-C, et son fils Alwalid BinAbd Almalik finit par bâtir la Mosquée Del Aqsâa entre 90-96 de l’hégire, 709-715.

La Mosquée del Aqsâa a été la première qibla dans l’Islam et cela durant 17 mois, puis ce lieu saint devint dans l’esprit de millions de fidels, corollaire de l’Ascension ou ce qu’on apelle en Arabe, AlIsrâa wa Almiradj qu’on évoque chaque année à la veille du mois sacré le Ramadan, ce voyage nocturne amena le Prophète Mohamed (Bssl) aux confins du septième ciel. Il en revint avec une somme de directive et de commandement, la prière en fut défini, nombre et temps, ce pilier de la foi prit toute son ampleur au cours de cette ascencion, l’occasion fut donné au Prophète Alkram de souligner la valeur du pèlerinage vers Alqsâa en le désignant comme troisième lieu de pèlerinage. En nous promenant dans la vieille ville, nous avons l’impression diffuse de marcher dans le sillage infini d’un temps glorieux, ruelle, fontaine, tunnel, vieille maison, mur de pierre, vigne montante, souk couvert, école et couvent, ancien palais et cimetières dans lesquels reposent les corps des Sahaba qui ont participés au siège et au Feth de la ville sainte. L’empreinte des siècles n’est pas seulement perceptible sur les murs et monuments mais aussi on la déchiffre sur les visages des makdessi fiers de leur illustre héritage.Toutes ces expressions tangibles d’un régne Musulman solennel nous poussent à regarder au-delà du cadre temporel pour un repérage religieux qui prend toute sa signification à l’ombre de l’Histoire d’une ville majestueuse.

4) Les trésors historiques de la ville sainte :

La coupole du Rocher, ou Qobat Alsakhra, la Mosquée del Aqsâa, le mur du Bourak, la Mosquée d’Omar, l’Eglise de la Résurrection, la voie des douleurs et on trouve le Mont de l’olivier à l’est. Cette montagne comprend les cimetières et abrite les sépultures des martyrs musulmans et quelques couvent et églises comme l’église ( qui a été édifiée autour d’un rocher et qui selon la tradition porte l’empreinte des pieds) du prophète Issa.

La coupole du Rocher est considéré comme la plus ancienne des constructions, en 1542 le Sultan Soleiman Alqanouni a fait construire autour de la ville une muraille qui délimite aujourd’hui Alqodss est.

Chaque pierre, chaque passage, chaque voie, chaque porte est un joyau architectural, ici on respire la pureté et on s’inspire de la prophètie, ici religion et prophète ont une présence éternel, ici on vécut dans une communion fraternel trois religions monothéiste, Juifs, Chrétiens et Musulmans ont su donner à cette ville de Dieu son cachet spécifique, rois empereurs et prophètes ont fait et défait les noeuds de son existence au gré des changements, il reste que Alqodss est la ville de toute l’humanité, nous appartenant en propre, de sa terre et de ses oliviers nous tirons l’essence des religions, en la consacrant ville de paix et de justice, Dieu l’Unique l’Eternel nous a fait don à travers elle de l’esprit de fraternité et d’équité, fondement de toute coexistence passée, présente et future.

5) Le statut de Alqodss 3:

« La situation de la ville sainte se dégrada à partir du moment où fut mis en branle le processus fatal qui devait conduire l’Onu à décider du partage de la Palestine et de l’internationalisation de Alqodss. Sous couvert d’un régime d’internationalisation, Israël a étendu son empire, s’emparant d’une partie d’abord, de la totalité ensuite de la ville sainte.

Alqodss partagée, Alqodss annexée, Alqodss internationalisée, telle serait l’histoire mouvementée, ponctué d’un « happy end », si satisfaisante pour les uns mais non pour les Arabes » la ville de Dieu victime d’une controverse dont les habitants d’origine ont été écartés sciemment souffre d’une main mise impitoyable du sionisme, plus que jamais menacée, nous assistons aujourd’hui impuissants à une judaïsation d’une grand partie de la ville Arabe dans son intégrité. »

« Tous les régimes d’internationalisation connus supposent un préalable qui est le consentement de l’état territorialement compétent, exprimant sa renonciation à la souveraineté dans un traité comme cela a été le cas, par exemple pour Tanger ou Trieste. Rien de tel dans le régime international de Alqodss, le souverain territorial n’ayant pas été consulté et s’étant vu imposer un statut par lequel la ville était érigée en corpus separatum administré par les Nations Unies. »

Un tel traitement a plongé Alqodss dans une captivité des plus injustes, Dieu a fait que ce coin bénit de la terre de Palestine requis toute cette majesté, cette sainteté, cet infini rayonnement à travers les siècles, cette spiritualité infiniment belle et sincère, dans un dessein précis, qui nous échappe à nous autres mortels, et pourtant rien qu’a contempler la coupole doré du rocher et à fixer longuement cette terrasse surplombant l’esplanade nous percevons au tréfond de nos âmes l’appel des cieux, l’appel de l’incommensurable bonté du premier et dernier, du Créateur de l’univers.


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1- Le livre Wa Qudusah de Malek Hadad et Abdel Hak Abbas, édition centre international du Chihab Kuala Lampur Malaisie.

2- Tiré de l’article du dr Ibrahim Hamami paru au magazine électronique Fustat.net

3- La question Palestinienne colloque de juristes Arabes sur la Palestine Alger22-27 juillet 1967.

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