BENBADIS

Par: Ali El Hammami

Nous nous excusons auprès de nos lecteurs, de ne reprendre qu’un court passage de la longue et intéressante étude consacrée par El Hammami à Cheikh Benbadis.

En raison de l’abondance et la variété des études et témoignages sur l’Imam Benbadis, nous avons privilégiés ce choix afin d’inclure dans le dossier spécial de ce numéro du Jeune Musulman un maximum de ces études et témoignages.

« J’avertis dès maintenant le lecteur que ces appréciations seront objectives pour ne pas m’interdire la possibilité d’écorcher d’inévitables susceptibilités. Je réclame un peu d’indulgence du moment que le but poursuivi par cette étude que j’ai le devoir de dédier a la mémoire du grand disparu, n’a pour objet que de tenter d’éclairer le problème sur l’Algérie basé sur les efforts qu’elle déploie en vue de son émancipation. Et n’oublions pas que sans critique rien ne peut être compris. Cette lapalissade, ici, est de force.

Ben Badis est au-dessus de tout reproche. Cet homme est entré vivant dans l’histoire de son pays. Son désintéressement, désormais proverbial, ses vues d’homme génial qui a su saisir et pénétrer les maux dont souffre l’Algérie la lutte qu’il a entreprise contre les forces de décomposition et de mort, jetées telle une maudite tunique de Nessus sur le corps du peuple algérien et qui ont failli pervertir son âme comme elles ont altéré son corps, font de lui un être à classer à part dans les annales nationales. Descendant authentique des Menad, des Ziri et des Bologhine de la remarquable senhadjienne, il avait de qui tenir. Et son patriotisme abreuve aux meilleures sources du terroir, son islam sain, ennemi des préjugés et des conceptions deprimantes et spectrales qui ont &forme les assises spirituelles du Vieux Maghreb, ses initiatives humaines et ses inclinaisons, toujours imprégnées de logique et de sens rassis, nous le représentent comme un de ces innombrables missionnaires qui, a travers ses désastres sans nombre et ses malheurs inouïs, ont sauve l’Afrique du Nord des abimes sans cesse ouverts sous ses pas tout en lui maintenant son indomptable fierté. Quelque Ibn Toumert égaré en nos temps atomiques.

Il est mort avant d’avoir donné toute sa mesure. Le signataire de ces lignes ne l’a jamais connu. Mais il s’honore d’avoir eu avec quelques relations épistolaires. Certains articles parus dans un journal arabe du Maroc, une année avant la guerre, lui avaient valu des encouragements et une invitation à écrire dans le journal de l’Association. En même temps, il recevait du regretté Moubarek El Mili les deux tomes de l’intéressant essai historique dû a cet autre admirable algérien.

Des lettres et de l’œuvre des deux disparus, il est possible de se former une idée précise sur les raisons intimes qui guidèrent ces champions de la renaissance algérienne ».

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