A l’école de Mokhtar Aniba

Par Afaf Aniba-

Il y a quinze ans Mokhtar Aniba s’en est allé rejoindre Allah le Tout-Puissant en silence. Ses dernières années ont été particulièrement éprouvantes. C’est l’écriture qui lui a fait oublier quelque peu la réalité sanglante d’une Algérie fâchée avec elle-même.

Mon regretté père m’a apprit à discuter intelligemment et j’ai eu l’occasion d’affûter ma connaissance grâce à ces longues conversations que je soutenais avec lui, une autre fois ce sont ces écrits qu’il me confiait pour revoir la composition qui était matière à discussion.

Dire que je partageais sur toute la ligne les opinions de mon défunt père, est tout simplement faux. S’étant forgé mon propre jugement, Mokhtar Aniba le respectait et puis nos divergences enrichissait nos échanges.

Je ne peux oublier la patience de Mokhtar Aniba quand il m’expliquait très jeune déjà les méandres de la politique, c’est ainsi que j’ai acquis une culture précoce en toute chose car j’ai cette conviction ancré, tout ce qui entoure et touche l’être humain et l’univers est politique dans son essence.

Tôt, j’ai exercée mon droit de vote et je dois dire que mon père a toujours su respecter mon choix même s’il ne l’approuvait pas parfois. Il se faisait un point d’honneur de me laisser libre de mes choix, et de mes jugements.

Je lui suis redevable pour m’avoir laissé suivre ma voie. Enfant, j’étais une personne pugnace et mes honorables parents ont dû faire face à mes bêtises avec patience et parfois avec indulgence.

Mokhtar Aniba en me voyant passer des heures entières rivée à mon pupitre à noircir feuille après feuille n’a jamais pensé que j’allais hériter de sa vocation : écrire mais le jour où il a lu mon premier article, il a tout de suite compris que j’étais sur ces traces. C’était un véritable plaisir que d’écrire pour l’un et l’autre et en discuter.

Quoique je dise, je conserve un souvenir plaisant de ces heures passés en sa compagnie  à lire, à écrire et à commenter.

J’ai héritée de mon père Mokhtar Aniba la rigueur au travail et dans ma conduite morale. Mes honorables parents ont développés en moi un haut sens de l’humanisme, et je dois dire qu’être à l’écoute de l’autre, à aider, à soutenir les causes justes a été de tout temps mon code d’honneur. Le soin qu’a apporté mon regretté père à élargir mon horizon m’a été d’un immense apport, j’ai su très tôt faire du verbe agir mon vécu.

Nous n’avons pas besoin de paroles autant que d’action. Liberté a été toujours pour moi synonyme de responsabilité, et d’engagement.  La vie est la meilleure école pour tout à un chacun, «  A toi d’en tirer le maximum. » C’était l’une des recommandations de Mokhtar Aniba et je dois reconnaître un fait : Bien m’a prit de me référer à l’exemple de mon père, nous ne pouvons nous permettre de vivre en marge, s’impliquer pour l’amélioration des conditions de vie, militer pour une citoyenneté assumé n’est pas seulement un devoir civique, c’est une preuve de foi envers nous-même et la nation. L’Islam nous a pourvut d’une vision incomparable et nous a doté d’un programme de vie effectif, nous avons la possibilité d’agir dans un esprit d’équité et de justice, eh bien ! agissons et ne nous laissons jamais abattre par les défaitistes.

Mokhtar Aniba s’en est allé un 27 septembre 2002, que Allah le récompense de son paradis et le couvre de sa Miséricorde

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