S’occuper est un bienfait

Au lendemain de mon retour définitif au pays, le 3 juillet 1987, j’avais tendance à piquer une crise de nerfs au moindre incident de parcours. Je détestais vraiment les choses qui tournent mal et ce laisser-aller de nos concitoyens.

En me mettant dans tout projet, je prenais à cœur la chose, ce n’était pas toujours évident de l’autre côté. C’était franchement irritant pour moi de me heurter au silence complet ou à ce genre d’excuse « Mais voyons cela arrive, tu dois prendre ton mal en patience ! ».

Non, je refusais carrément cette façon de penser, et j’agissais toujours en fonction de la nécessité de bien faire et dans les délais fixés. Nous ne pouvons réussir si nous ne réunissons pas les conditions du succès et toute entreprise humaine devrait être l’objet d’une étude sérieuse et cela afin d’éviter toute surprise désagréable.

Je dois avouer qu’avoir un esprit perfectionniste dans un monde sous-développé, est souvent considéré comme un handicap. Pour ma part, j’ai veillée toute ces années à être à cheval sur des principes comme de respecter la parole donnée,  de se dévouer corps et âmes dans tout ce qu’on entreprend. Bien faire est un acte de foi dans un environnement qui ignore superbement les implications de la foi.

S’engager à bien faire, n’est pas de tout repos car on est en but parfois à des comportements bizarres, comme de vous considérer un personnage irritant ! Ou on vous prend de haut ou bien vous êtes sujet à l’ignorance des uns et à l’insolence des autres.

Ne pouvant me résoudre à baisser les bras surtout que l’ambition d’écrire en grand me dévorait depuis bien longtemps, depuis mes neuf ans exactement, j’ai fait appel à la sagesse asiatique que m’a inculqué mon séjour en Indonésie pendant trois ans.

Mais aussi, j’ai mis à profit les conseils de mes parents,  qui loin de réduire ma liberté d’action m’ont appris à amortir les déconvenues et à transformer les difficultés en de bonne perspective.

Au regard du temps mort mal exploité par nos jeunes, nous ne pouvons rester bras croisés et se lamenter sur la décadence générale. Le travail est une école de patience, d’endurance, d’indulgence et d’obstination. Dans la vie de chacun de nous, il y a un espace à remplir et s’occuper est le meilleur pari sur l’avenir.

Depuis plus de vingt ans, j’apprends tous les jours au fur et à mesure des engagements l’impact de l’action, car travailler vous rends plus sensible aux multiples facettes de la réalité. Bien faire est une valeur morale musulmane, la pratiquer envers et contre tout, nous enrichit et développe en nous la culture de la résistance à la médiocrité.

 

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