Les langues, cette impérieuse nécessité

Depuis que j’étais tout enfant, il m’a été inculqué cette notion si chère à mon cœur : apprendre d’autres langues que l’Arabe est le devoir de tout croyant. Mon regretté père Mokhtar Aniba parlait couramment, l’Arabe, le Français, l’Anglais et l’Indonésien.

C’était une chose naturelle pour moi de lire en deux langues puis en trois langues, l’anglais pour moi est un poumon formidable car la somme des lectures en cette langue est des milliers de fois plus bénéfiques.

Ce qui m’a choquée à mon retour définitif en Algérie, a été de constater ce dualisme entre Arabophone et Francophone, les premiers sont fermés sur l’Arabe et les seconds refusent avec la dernière énergie de parler Arabe !!

Plus grave, certains cercles se disant de tendance religieuse véhicule un courant de pensée qui fait que le français est une langue honnie et ne doit aucunement être parlé ! Comment comprendre la pensée de Rajâa Garaudy si nous ne parlons pas sa langue et nous ne la comprenons pas ? Comment pouvoir traduire le Coran Sublime en Français pour nos coreligionnaires de souche Française nouvellement convertis si nous nous obstinons à refuser d’apprendre le français et les autres langues comme le chinois, le russe ou l’anglais ?

Nous ne devons pas avoir peur de parler une autre langue que notre majestueux Arabe, nous devons aussi faire la différence entre apprendre une langue étrangère et en faire un outil de  communication et de travail.

Personnellement, j’écris nouvelles et romans depuis mon enfance en Français mais cette langue n’a jamais pris la place de l’Arabe dans ma vie quotidienne.

Même les étrangers vivants en Algérie et avec qui je suis en relation professionnel, je leur parle en Arabe. Mais comme je me suis retrouvé en terre d’Amérique il y a quelques années, j’ai dû utiliser la langue des Américains, je ne pouvais pas décemment leur réclamer de me parler en Arabe quand même !!!

Cette pensée tout à fait sclérosée qui fait que nous devons à tout prix nous rabattre sur l’Arabe seulement est un avant signe de notre déchéance. Mes chers parents m’encourageaient à apprendre les langues et la bibliothèque de notre maison que je garde religieusement reflète la pensée éclairée, et  l’esprit d’ouverture de ma famille. C’est un si grand bienfait de lire Noam Chomsky dans sa langue, Edgar Allan Poe et Samuel Huntington et tant d’autres.

Le multilinguisme nous ouvre d’énormes perspectives dans un monde mondialisé à l’extrême, nous avons le droit constitutionnel, historique et religieux de parler notre langue l’Arabe mais tout autant nous devons apprendre et parler d’autres langues qui peuvent être un apport enrichissant à notre patrimoine et à notre pensée.

Le faite d’avoir été conviée à écrire pour le magazine « Le Jeune Musulman » a été un grand honneur et une énorme responsabilité, car écrire la foi unitaire dans une autre langue que la sienne originale est un apprentissage fructueux et très instructif, cela me permet au quotidien de vivre ce merveilleux verset BismiAllah Arrahmane Arrahim : «  Lis au nom d’Allah » sourate le Caillot, verset.

 

 

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